Clint Eastwood dans Gran Torino
Le film dans lequel réalise et joue Clint Eastwood, est toujours en tête du box-office français pour la 3ème semaine consécutive avec plus de 400.000 nouvelles entrées. Gran Torino approche les 2 millions de spectateurs. Après le portrait d’Eastwood par (Le testament chrétien de Clint Eastwood), je vous invite à découvrir l’analyse de Catherine Rouvier, docteur d’Etat en droit, professeur de droit public et de science politique à l’université de Paris-Sud.
WALTER KOWALSKI, alias Clint Eastwood, est américain-européen. Il sait tout. Il a tout vu. Il a fait la guerre, il s’est marié, il a eu des enfants, il sait entretenir une maison. Dans son garage, il a tous les outils possibles inimaginables, bien rangés. Cinquante ans de bonne vie utile d’un Américain bien éduqué, viril et responsable.
À côté de chez lui, il y a des « niaks ». Une famille sans fin qui s’engouffre on ne sait comment dans une petite maison identique à la sienne. Tout le quartier est « niak ». Ils étaient les seuls Américains blancs à rester, sa femme et lui. Elle vient de mourir. Il veut rester là, seul. Ses enfants tentent de l’en dissuader, osant lui parler de maison de retraite, à lui, le vétéran, comme s’ils ne connaissaient pas son caractère farouche.
Le jeune Thao, un de ses voisins, est un garçon tranquille, doux, renfermé. Une bande de « latinos » le « cherche ». La bande « niak » dont un cousin de Thao est le caïd, intervient pour le protéger, mais veut ensuite l’enrôler. Il refuse mais finit par plier sous la menace. Pour son « initiation » il doit voler la « Gran Torino », la belle voiture entretenue avec amour de son voisin Walter. Réveillé, le vieux cow boy descend au garage avec sa carabine et le gamin détale, effrayé.
Sans rancune, il sauvera Thao des griffes du cousin et de sa bande qui, furieux, veulent lui « faire la peau ». À la sœur de Thao, Sue, qui le remercie, il dira seulement : ils piétinaient ma pelouse… La pelouse qu’il tond et arrose, contrairement à ces Asiatiques sans éducation. Sue réussira pourtant, à force de ténacité, à lui faire accepter des cadeaux en remerciement, et à l’inviter à manger, lui qui boit bière sur bière et ne mange plus que du corned beef depuis qu’il est veuf.
Poursuivi par le très jeune prêtre de la paroisse pour qu’il se confesse car sa femme le lui avait demandé sur son lit de mort, il finit par se céder. Il s’achètera même un costume sur mesure et se fera raser par un coiffeur.
Pourquoi ? Vous le saurez en allant voir ce chef d’œuvre. Comme dans Million dollars baby, c’est au détour des scènes les plus dures que surgit l’émotion, et au milieu de la laideur morale qu’apparaît plus nettement, comme en relief, la pureté des sentiments.
Source : libertepolitique.com
