Un peu d’histoire : « Nouvelles règles des procès de canonisation… »

Aux débuts de l’Église, c’était la communauté chrétienne qui reconnaissait la sainteté des martyrs et des saints. Suite aux abus, les évêques en vinrent à se réserver ce droit. Pour la même raison, au XIIème siècle, le pape Alexandre III limita ce droit au seul Souverain Pontife. Diverses réformes suivirent au long des siècles. La plus récente, opérée, par Jean-Paul II, remonte au 25 janvier 1983 : dans la Constitution apostolique « Divinis perfectionis magister », il définit les nouvelles règles des procès de canonisation, allégeant et accélérant les procédures.

Dans les premiers temps de l’Église, c’est le martyre qui fait du chrétien un saint. Lorsque les persécutions se sont éteintes, un autre concept a fait son apparition : les vertus, mais celles-ci doivent être poussées jusqu’à l’héroïsme. Dans le cas du non-martyre, c’est l’ensemble de la vie du chrétien, du « serviteur de Dieu décédé » qui fait l’objet d’enquêtes. Pour le martyre, si celui est prouvé, il suffit pour faire un saint, même si, au cours de sa vie, le candidat a commis des fautes ; le martyre a racheté celles-ci. Les types les plus anciens de confesseurs sont l’ermite et le saint fondateur (le premier évêque d’un nouveau diocèse, le fondateur d’un monastère).

La plupart des saints des débuts du Moyen Âge sont des moines et, à partir de l’imposition de la règle de saint Benoît aux monastères d’Europe par Charlemagne, des bénédictins. Il y a bien sûr toujours eu des laïcs canonisés mais le plus fort contingent de saints est fourni par les ordres religieux, puis par le clergé. Cela s’explique aisément. Non qu’il y ait a priori plus de saints dans ces milieux que parmi les laïcs mais parce qu’un évêché, et surtout un ordre religieux a intérêt à faire reconnaître qu’il a produit des saints. Et aussi parce cette préoccupation peut se maintenir au long du temps dans un ordre religieux. Bien entendu, chaque ordre religieux se fait un point d’honneur à tenter de faire canoniser son fondateur. Si l’on considère les statistiques, il y a peu de saints jeunes (en dessous de 30 ans) comme Sainte Jeanne d’Arc (19 ans), Saint Louis de Gonzague (23 ans), Saint Jean Berchmans (26 ans)… La nationalité des saints reflète les périodes de floraison religieuses dans les différents pays : l’Espagne au XVIème siècle, la France au XVIIème et au XIXème siècle…

Jean-Paul II, apôtre des canonisations

Dans le cadre de sa stratégie mondiale pour une « nouvelle évangélisation », le pape actuel promeut les béatifications et les canonisations sur une échelle sans précédent. Jusqu’ici, au cours de ses 21 années de pontificat, Jean-Paul II a procédé à 820 béatifications, au cours de 115 célébrations, dont 47 ont eu lieu en dehors du Vatican. Il aime en effet rehausser ses voyages par de telles cérémonies, par exemple la béatification du Père Damien lors de son dernier passage en Belgique.

820 béatifications : ce chiffre correspond à un tiers du nombre total des bienheureux proclamés depuis quatre siècles, depuis la réforme de 1605. Parmi ces bienheureux, on compte 603 martyrs, dont 286 ont été martyrisés au XX siècle (221 pour la seule Guerre d’Espagne).

Par ailleurs, Jean-Paul II a proclamé 283 nouveaux saints au cours de 35 cérémonies.

Le nombre de béatifications et de canonisations proclamées par le pape actuel pourrait encore s’accroître considérablement. Ainsi, au cours du voyage qu’il prévoit d’effectuer en Pologne du 5 au 17 juin prochain, il béatifiera 108 martyrs tués par les Nazis durant la Seconde guerre mondiale.

Une rumeur cours dans la presse italienne suggérant que Jean-Paul II puisse béatifier en 2000 trois de ses prédécesseurs sur le trône de Pierre : Pie XII, Jean XXIII et Paul VI.

Béatifications et canonisations du pontificat, passées et futures

Des actes caractéristiques du pontificat de Jean-Paul II

CITE DU VATICAN, Dimanche 11 mars 2001 – Jean-Paul II a proclamé plus de saints et de bienheureux en 23 ans que l’Église au cours des quatre siècles précédents.

Le pape a lui-même souligné l’importance de ces actes caractéristiques de son pontificat. Le P. Karol Wojtyla n’a-t-il pas été ordonné prêtre à Cracovie, à la Toussaint (1er novembre), en 1946 ?

La béatification des 233 martyrs espagnols porte aujourd’hui à 1.229 le nombre des bienheureux béatifiés par Jean-Paul II en 23 ans de pontificat et 124 célébrations, à Rome et dans le monde. Les saints canonisés sont au nombre de 446, en 40 célébrations.

Or, depuis l’institution de la congrégation romaine pour les causes des saints, en 1588, au pontificat de Paul VI, en 1978, l’Église catholique avait proclamé 1.310 bienheureux et 300 saints.

Le mardi 13 mars 2001, le pape a tenu un nouveau consistoire public ordinaire en vue de la canonisation de 9 nouveaux saints.

Jean-Paul II a présidé une nouvelle célébration de canonisation de 5 nouveaux saints, le dimanche 29 avril 2001, troisième dimanche de Pâques.

Des béatifications sont également prévues lors des voyages de Jean-Paul II à Malte et en Ukraine.

Voyant dans ces vies de fidélité à l’Évangile, un témoignage éclatant de la sainteté de l’Église, le pape a déjà affirmé que des béatifications et canonisations sont parmi les actes les plus importants de son pontificat. Jean-Paul II a pour cela demandé l’accélération des procès canoniques, en particulier de laïcs, et a accordé une importance particulière aux martyrs du XXe siècle et à la dimension œcuménique du martyre et de la sainteté.

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