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Claude

Congrégation pour les Causes des Saints

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Les bienheureux et les saints indiquent les voies concrètes de la sainteté

Entretien avec Mgr Edward Nowak, Secrétaire de la Congrégation pour les Causes des Saints et Archevêque titulaire de Luni, sur le culte des saints et des bienheureux, publié par L'Osservatore Romano du 21 août 2001.

Béatifications et canonisations sont devenues l'un des phénomènes ecclésiaux les plus importants du pontificat de Jean-Paul Il. Quel rôle cette insistance sur la sainteté a-t-elle dans le contexte de la nouvelle évangélisation ?

Avant de répondre à votre question, je voudrais vous fournir quelques données plus précises. Depuis le début du pontificat de Jean-Paul Il, la Congrégation pour les Causes des Saints a étudié 1.675 béatifications et canonisations. Dans le cadre de 41 cérémonies de canonisations, le Saint-Père a proclamé 446 saints. Par ailleurs, il a présidé 124 cérémonies de béatifications au cours desquelles il a déclaré 1.229 bienheureux.

Il faut savoir que les béatifications ou les canonisations, dans de nombreux cas, étaient collectives c'est-à-dire que dans le cadre d'une seule cérémonie, le Saint-Père a canonisé ou béatifié plusieurs personnes ou des groupes entiers, particulièrement dans les cas de martyrs, par exemple les martyrs en Chine (120), les martyrs vietnamiens (116), les martyrs mexicains (25), les martyrs de la Révolution française (64) béatifiés le 1er octobre 1995, 13 martyrs de rite grec-byzantin, martyrs de l'Union avec Rome béatifiés le 6 octobre 1996, les martyrs espagnols (233 béatifiés par Jean-Paul Il le 11 mars 2001).

Pourquoi cette insistance sur la sainteté ?

La réponse est simple : la mission de l'Église n'a pas de sens si elle ne conduit pas à la sainteté, qui est la vie humaine en union avec le Christ. Cette union se vérifie à trois degrés : si, chez une personne, cette union est pleine et entière, ou comme nous l'appelons « héroïque », nous nous trouvons en présence d'un saint. Celui qui vit selon les commandements de Dieu et selon les indications de l'Évangile est, en revanche, un chrétien « normal ». Lui aussi doit se sauver, obtenir la vie éternelle avec Dieu qui est, en substance, la sainteté. Voilà pourquoi le Pape indique la sainteté comme but de la mission de l'Église. Le salut, nous le savons tous, se poursuit à travers l'effort difficile de pratiquer chaque jour les vertus chrétiennes, en suivant l'Évangile du Christ et les indications de l'Église, en fréquentant les sacrements, qui sont les canaux de la grâce divine. Le résultat le plus évident de cette action de l'Église, de sa fidélité à la mission reçue du Christ, sont précisément les saints et les bienheureux. Ils constituent la preuve du travail de l'Église, ils sont les fruits les plus beaux de l'évangélisation et du ministère sacramentel. La sainteté, évidemment, est le don de Dieu. Le Seigneur fait les saints. L'Église a pour mission de découvrir ces dons et de les présenter aux fidèles.

C'est une perspective qui apparaît avant tout dans sa récente Lettre Apostolique « Novo millennio ineunte », qui trace les lignes fondamentales du chemin de l'Eglise dans le nouveau millénaire. Le point fondamental est justement la sainteté. Toute l'activité de l'Église doit tendre à cette mission et à ce but.

Jean-Paul Il a rompu avec la tradition qui voyait ne parvenir à la sainteté que des prêtres et des religieuses. Quelle signification revêt cette extension de la sainteté aux laïcs ?

En réalité, dans l'histoire de l'Église, nous avons déjà de nombreux saints laïcs. Ils ont toujours été présents. Il suffit de penser aux martyrs des premiers siècles qui ont témoigné de leur foi jusqu'à l'effusion du sang. Mais il est vrai qu'au cours de la période précédente, la sainteté tendait à être identifiée avec la vie sacerdotale et monastique. C'est pour cette raison que, dans la conscience populaire, était née l'idée selon laquelle seuls les prêtres et les religieuses pouvaient devenir saints. Mais cela est faux ! Jean-Paul Il a beaucoup insisté sur les laïcs. Il nous a même demandé de faire avancer les causes de couples mariés qui puissent constituer un exemple de vie chrétienne dans le mariage. Dans de nombreux diocèses, s'accomplissent les premiers pas vers ce type de béatifications. Le peuple chrétien est formé d'abord et avant tout de laïcs. Nous devons pouvoir leur offrir des exemples de vie chrétienne dans le monde. Personnellement, je ne suis pas d'accord avec ceux qui effectuent des distinctions entre laïcs, prêtres et religieuses. Car, d'où sont issus les prêtres et les religieuses ? D'où sommes nous issus vous et moi ? D'une famille chrétienne normale. Et puis, ils ont vécu comme laïcs au moins les vingt premières années de leur vie avant de devenir prêtres ou religieuses. Ils étaient laïcs et, à un certain moment, ils ont ressenti une vocation à la vie religieuse.

Pourquoi l'apparition de ces « nouveaux saints » et l'augmentation du nombre des béatifications et des canonisations adviennent-elles précisément en cette période de l'histoire ?

Le Pape, dans le contexte de la nouvelle évangélisation, veut évangéliser aussi avec les saints et les bienheureux, c'est-à-dire avec les chrétiens qui ont vécu la foi et l'Évangile de manière héroïque et radicale. Ce sont eux qui sont les « figures évangéliques », les « vrais chrétiens » auxquels nous nous référons pour la nouvelle évangélisation. Ce sont des modèles de vie chrétienne dans les conditions de vie les plus variées que nous devons incarner. Les saints nous permettent, par ailleurs, de voir comment le Christ continue de se rendre présent au cœur du monde et comment son Évangile s'étend dans le temps et dans l'espace. Ils constituent un exemple pour l'Église : les bienheureux et les saints indiquent les voies concrètes de la sainteté. Leur vie est un témoignage rendu au Christ. Aujourd'hui, ce témoignage est apporté à l'homme de la nouvelle évangélisation et de notre temps. L'Église présente la richesse du patrimoine de sainteté et de témoignage aux jeunes générations et aux temps à venir. Ce patrimoine sert de référence dans la formation humaine et chrétienne des personnes. Dans la vie de l'Église, il contribue à la mission d'évangélisation du monde. Étant un patrimoine, les saints représentent aussi un programme, concernant ce qui doit être fait, ils constituent l'exemple à suivre, celui qui permet de comprendre de quelle manière accomplir l'engagement humain et chrétien.

N'oublions pas la catégorie des martyrs. Le XXème siècle en a produit plus que tous les autres siècles. Jean-Paul Il évoque souvent la fécondité du martyre. Quelle différence existe-t-il entre le sens chrétien du martyre et la rhétorique du sang présente par exemple dans les mouvements politiques de type révolutionnaire ?

Je voudrais souligner qu'il n'est pas nécessaire d'insister sur l'affirmation selon laquelle le XXème siècle aurait produit plus de martyrs que tous les autres siècles. Ayant vécu à cette époque, nous avons une meilleure connaissance de ces derniers martyrs, à commencer par ceux du Mexique, de l'Espagne, des camps de concentration nazis, des camps soviétiques, les missionnaires d'Amérique Latine etc. Grâce aux médias, nous connaissons parfaitement l'histoire de chaque missionnaire martyr. Au cours des siècles passés, en revanche, des villes entières, des régions, des peuples furent exterminés à cause de la foi chrétienne et furent donc des martyrs chrétiens. Le problème est que, en ce temps là, personne n'avait les moyens d'enregistrer les faits et ils ont donc été peu à peu oubliés. Les martyrs de Rome, par exemple, se comptent par milliers. Nous pouvons affirmer sans crainte de nous tromper que depuis toujours, le martyr est présent dans l'Église. Aujourd'hui, nous pouvons l'enregistrer, pour ainsi dire, « dans les détails » alors que par le passé, cela était beaucoup plus difficile.

La fécondité du martyre est un fait qui, depuis le début, accompagne le phénomène du martyre. Tertullien disait que « le sang des martyrs est semence de chrétiens ». Le sang engendre de nouveaux adhérents à la foi. Cela s'est toujours vérifié. C'est le scandale, l'absurdité, le paradoxe du christianisme. Il n'existe pas d'explication raisonnable ! Peut-être y en a-t-il une, à savoir la personne du Christ, sa « défaite » sur la croix, qui a généré le christianisme et des millions et des millions de chrétiens à toutes les époques. En ce qui concerne le pontificat de Jean-Paul Il, le nombre des martyrs proclamés saints ou bienheureux s'élève à 400 pour les saints martyrs et à 991 pour les bienheureux martyrs.

Les souffrances des martyrs rappellent aussi combien être chrétien peut être difficile. L'authenticité, en somme, ne se vit pas à bon prix. Cela signifie-t-il que l'on ne peut pas être chrétien sans être, dans une certaine mesure, des martyrs ?

C'est vrai. Le culte des saints a commencé par le martyre, par ces vies données pour le Christ. On parlait de « martyre rouge ». Il existe pourtant également le « martyre blanc ». Le chrétien qui vit jour après jour ses difficultés, accomplit son travail, pourvoit aux besoins de sa famille, bien des fois de manière héroïque, est un vrai martyr et déjà les premiers chrétiens le savaient. Pensons à nos familles, à nos parents. Que de sacrifices et de travail ! A côté de la catégorie des martyrs, en effet, est apparue très vite celle des « confesseurs » c'est-à-dire de ceux qui, tous les jours, confessent la foi au nom du Christ par leur vie. Les saints sont, nous pouvons le dire, les « martyrs » de leur devoir quotidien. Peut-être est-il parfois plus difficile de supporter le « martyre » quotidien de ses propres devoirs et de ses fatigues que d'affronter le martyre conçu comme acte unique commis par des persécuteurs.

Dimanche 11 mars 2001, le Pape a béatifié un certain nombre de martyrs de la guerre civile espagnole. Comment faites-vous pour avoir un jugement lucide et équilibré, alors que l'historiographie de la guerre civile espagnole est une question qui fait, aujourd'hui encore, l'objet de discussions et qui est marquée par des options idéologiques et partisanes qui rendent difficile un débat objectif ?

Vous parlez d'un débat idéologique et d'idéologies. Dans le cas d'une béatification, on parle en revanche d'une personne concrète. Pour chaque cas concret, la Congrégation pour les Causes des Saints et, auparavant, l'Église locale, c'est-à-dire l'Évêque et les fidèles avec leur sens de la foi reconnaissent spontanément le « martyr » et le vénèrent pour cette qualité. L'Évêque cherche à vérifier la présence de critères du martyre chrétien dans une mort concrète, à savoir « l'effusion du sang en haine de la foi » et « l'acceptation volontaire de la mort pour la foi ». Si nous nous apercevons, en étudiant la mort d'une personne, qu'elle a été infligée pour des motifs religieux et que cette personne a accepté de mourir pour la foi, nous nous trouvons en présence d'un martyr chrétien. Les idéologies, comme par exemple le nazisme ou le communisme, servent de contexte au martyre mais, au premier plan, ce qui demeure, c'est la personne et son comportement propre, et cela au cas par cas. Il est important en outre que l'environnement dans lequel la personne a vécu affirme et reconnaisse sa renommée de martyr et que, par la suite, le martyr soit prié et que des grâces soient obtenues par son intercession. Les idéologies nous intéressent bien moins que le sens de foi du peuple de Dieu qui juge le comportement de martyr d'une personne.

Les causes des saints progressent dans votre Congrégation à des vitesses différentes. De quoi cela dépend-il ?

Beaucoup de causes durent effectivement assez longtemps, alors que d'autres prennent moins de temps. Cela dépend de l'intérêt des fidèles pour ces personnes. Padre Pio, par exemple, est reconnu de manière universelle et il est invoqué par de nombreuses personnes, ce qui a permis à sa cause de progresser assez rapidement. Il existe aussi l'exigence des miracles, entendus comme le sceau de Dieu sur de telles figures. D'autres candidats à la béatification sont moins connus. Par exemple parce qu'ils proviennent de pays lointains. Aujourd'hui encore, en effet, nous avons des difficultés de communication par exemple avec l'Afrique ou l'Asie. Dans ces cas, les causes peuvent avancer moins vite.

Derrière chaque nouveau bienheureux et saint, il y a un groupe de fidèles qui a promu le procès pour en reconnaître les vertus. Est-ce aussi une question de possibilités financières ?

Derrière un prêtre, il y a un diocèse ou une paroisse. Derrière un laïc, il y a une association ou un milieu social déterminé dont il faisait partie. Derrière un religieux ou une religieuse il y a la Congrégation à laquelle il ou elle appartenait. Normalement, un procès dure assez longtemps, à peu près cinquante ans, il faut que l'intérêt subsiste dans le temps. Il est plus facile qu'une structure bien organisée s'intéresse à un candidat, car elle peut ainsi prendre les dispositions nécessaires, y compris sur une longue période de temps. Naturellement, cet engagement engendre des dépenses : les personnes engagées dans les préparatifs travaillent, doivent se déplacer pour recueillir ou apporter des témoignages. Les documents doivent ensuite être traduits ou imprimés. Évidemment, il ne s'agit pas de volumes qui seront vendus à de nombreux exemplaires, ce qui fait que les dépenses peuvent être quelquefois élevées. La mission des chercheurs ne dure pas une heure, mais de nombreuses années, ce qui nécessite de s'assurer une base financière pour leurs recherches et leurs études.

Celui qui dispose de ces moyens pourra soutenir plus efficacement la cause d'un bienheureux. Mais les autres ?

La Congrégation pour les Causes des Saints a parfaitement perçu cette difficulté. Elle a créé un fonds destiné aux « causes pauvres ». Les fonds qui restent d'une cause demeurent à disposition des causes plus pauvres, provenant des pays les moins riches comme l'Afrique, l'Amérique latine ou les anciens pays communistes.

Vous avez rappelé qu'en moyenne, une cause de béatification dure cinquante ans. Y a-t-il un motif pour une durée aussi longue ?

La tradition ecclésiale a établi un certain laps de temps destiné à calmer les émotions. Tous se souviennent de la mort de Mère Teresa de Calcutta. Sa mort a suscité beaucoup d'émotion. À la même époque est morte la Princesse Diana, ce qui a suscité d'autres émotions fortes. Dans le cas de Mère Teresa, immédiatement après sa mort, certains voulaient la béatifier immédiatement, même par acclamation. Sous l'influence des émotions, il est possible de faire différentes propositions, mais après un certain temps, on parvient à une évaluation plus adéquate, plus calme, plus neutre. Une personne est considérée de manière plus exacte, ainsi que son activité, sa vie. De cette façon, on peut voir sa vie de façon plus détaillée et parvenir à une évaluation correspondant davantage à la vérité. Il a toujours été demandé une certaine période de temps avant de prendre en considération la béatification d'une personne. Actuellement, sont prévues cinq années à compter de la mort de la personne. Dans la législation canonique précédente, on en demandait trente avant de commencer l'examen de ses vertus héroïques.

Certains nouveaux saints et bienheureux ont une valeur universelle. Que l'on pense à Pie IX ou à Jean XXIII. Quel rôle le Pape joue-t-il dans ces cas spécifiques ?

Le critère canonique pour débuter un procès de béatification de la part de l'Évêque compétent est double : réputation de sainteté et réputation de signes, « fama sanctitatis » et « fama signorum ou miraculorum ». Dans l'opinion publique, parmi les fidèles, il doit exister la conviction qu'une personne est vraiment sainte et, en étant convaincu, que si quelqu'un se rend sur sa tombe, la prie, il en reçoit des grâces que nous appelons « signes ». Les personnes, dans ces cas-là, affirment avoir reçu des grâces de Dieu, c'est-à-dire des signes, en priant la personne en question, par son intercession. L'Évêque du lieu est celui qui a le droit de constater la réputation de sainteté et la réputation de signes. C'est donc lui qui peut commencer le procès. Pour les Papes s'applique le même critère canonique : si des personnes sont persuadées qu'un certain Pape est saint, alors le procès peut débuter. Si, par la suite, il y a aussi les grâces, alors la seconde condition est également remplie et l'on peut procéder à la béatification. Dans le cas de Jean XXIII, les journaux étaient remplis de nouvelles de grâces obtenues par son intercession. Par conséquent, les deux conditions pour sa béatification étaient remplies.

Lors de nos fréquents contacts avec le Saint-Père, il nous indique certaines priorités dans notre travail. Quand il se rend dans un pays par exemple, il veut laisser un signe de sa présence qui puisse devenir une référence pour la vie chrétienne en ce lieu. Le signe le plus beau est un bienheureux ou un saint. Il s'agit de personnes qui revêtent un caractère très familier pour les habitants d'un pays déterminé, parce qu'elles en font partie. Les fidèles peuvent donc s'inspirer de l'exemple de ce saint : ils le connaissent, peuvent le prier, se rendent à son tombeau. Il existe des témoignages ou des signes de son activité. Le Pape nous donne en outre des priorités pastorales. Nous avons déjà indiqué celle des laïcs et des personnes mariées.

À la béatification de Pie IX, le Pape a dit que la reconnaissance de la sainteté n'implique pas un jugement sur les choix politiques des personnes. Mais jusqu'à quel point est-il possible de diviser en deux l'unicité de la personne ? Existe-t-il une mesure différente pour l'éthique personnelle et pour l'éthique spirituelle ?

Quand on parle de personnes qui ont eu un rôle social — personnages publics, politiques, etc. — on étudie d'abord leur vie spirituelle, leur union au Christ, leur sainteté. Le saint est celui qui a vécu sa spiritualité de manière « héroïque » et ce dans l'état de vie dans lequel le Seigneur l'avait placé. Pour ce qui est de ses choix politiques, il les effectuait en conscience. S'il a suivi sa conscience, il est pleinement justifié dans ce qu'il a fait. Pensons à Jésus, mort crucifié : cela veut dire qu'il s'était trompé sur tout, qu'il avait failli à sa mission, ses choix pour ainsi dire « politiques » n'avaient pas été les bons choix. Quoi qu'il en soit, les choix politiques ne sont pas si importants que ça. Toute l'importance est liée à l'union à Dieu du candidat à l'honneur des autels, à sa vie spirituelle, intérieure et à son comportement extérieur qui en découle.

(©) L'Osservatore Romano – 21 août 2001

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