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Claude

Qu'est-ce que la canonisation ?

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Les bienheureux et les saints

Mais qu'est-ce qu'une canonisation ? "C'est l'acte solennel par lequel le Souverain Pontife décrète qu'un serviteur de Dieu, déjà compté parmi les bienheureux, doit être inscrit au catalogue des saints (le Martyrologe romain) et vénéré dans l'Église universelle", explique le P. Evenou. Il précise: "Avec la béatification, le culte d'un nouveau bienheureux est concédé à une cité, un diocèse, une région ou une famille religieuse ; avec la canonisation, la sentence est définitive, et le culte étendu à toute l'Église". Elle engage l'infaillibilité papale.

Le nombre des saints canonisés a connu une progression constante depuis la création de la Congrégation des Rites :

25 des années 1588 à 1700

29 au XVIIIème siècle

79 au XIXème siècle

168 des années 1900 à 1978

445 des années 1978 à 2000

Rappelons que pour la béatification, il faut tout d'abord examiner si le baptisé a vécu de façon héroïque les vertus chrétiennes, puis qu'un miracle soit authentifié et reconnu comme dû à l'intercession du Serviteur de Dieu, à moins que son martyre soit attesté. Pour la canonisation, il faudra l'attestation d'un nouveau miracle.

"Aux premiers siècles de l'Église, le culte des saints est né spontanément autour de la tombe d'un martyr et était le fait de la communauté chrétienne locale, explique Jean Evenou. Rapidement, le culte déborde les limites locales : l'Église d'Afrique fête St. Laurent de Rome, et l'Église romaine des saints d'Afrique: Cyprien, Perpétue et Félicité: c'est une sorte de canonisation de fait.

Peu à peu les évêques s'estiment responsables du culte à rendre sur place à des martyrs, à leurs propres prédécesseurs, à d'autres personnages locaux, et veillent à écarter des abus venant de la crédulité populaire. Assez souvent on voit le pape intervenir, soit de son propre chef, soit à la demande des évêques pour donner plus de poids à leur décision".

"A partir de 1070, continue l'expert, le pape entend se réserver les cas de canonisation et les fait instruire par un véritable procès sur la vie, les vertus et les miracles (avant et après la mort) d'un serviteur de Dieu dont on sollicite la canonisation (...). La sévérité du pape en matière de miracles s'est heurtée longtemps aux habitudes locales et à des mentalités portées au merveilleux et peu accessibles aux arguties juridiques".

Une étape décisive est franchie avec la création de la Congrégation des rites (1588) : "c'est désormais un organe permanent de la Curie romaine qui surveille et accompagne les différentes phases de chaque cause jusqu'à son terme".

Quant à la procédure actuelle, elle est déterminée par la Constitution apostolique "Divinus perfectionis magister" (1983). Il est demandé, explique le P. Evenou, "l'examen d'un miracle nouveau intervenu après la béatification, et cela même dans une cause de martyre. Mais lorsqu'il s'agit d'un groupe, formé même de personnes béatifiées à diverses dates (comme les 103 martyrs de Corée, canonisés en 1984, les 117 martyrs du Vietnam, canonisés en 1988, les 120 martyrs de Chine, canonisés en 2000), un seul miracle est requis pour l'ensemble".

L'examen des miracles pour une canonisation se fait selon les mêmes règles que pour une béatification. Dans la plupart des cas, toujours selon la même source, le miracle allégué est un miracle de guérison. Il suffit, depuis 1983, d'un seul miracle, mais l'enquête médicale est devenue de plus en plus exigeante. Cependant, ce miracle peut ne pas être une guérison. Pour Juan Grande (+ 1600) en 1996, il s'agissait d'une multiplication de riz en faveur de pauvres.

Enfin, la canonisation "équipollente", rare, se fait par la publication d'une bulle. Ce fut le cas pour Albert le Grand op († 1280) en 1931, et pour Marguerite de Hongrie (+ 1270), en 1943. Elle concerne des personnages anciens ayant un culte local. Aucun nouveau miracle n'est requis, mais la congrégation tient compte de la renommée des miracles accomplis.

[1] La béatification équipollente se base sur l'existence d'un culte immémorial. Cela sert en général à l'Église catholique à régulariser d'anciennes dévotions sur les origines desquelles il est difficile de se prononcer. Par exemple pour Jeanne d'Arc il est impossible de trouver trace d'un moindre culte puisqu'aucun ne semble avoir existé.

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